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Vis ma vie de patronne ... ou le dilemme du recrutement.

« J’en ai marre de travailler entouré(e) d’incompétents ». « Qui a bien pu engager cet abruti(e) ? ». « Moi, si j’avais été recruteur, il est clair que je n’aurais donné aucune chance à cette personne » ou « c’est quand même pas difficile d’engager quelqu’un de bien ». Ce genre de phrases j’en lis, j’en entends régulièrement. Et je dois avouer aussi: Je les ai dites, voire même criés sur les toits.

A une époque les têtes de con, enfin les têtes qui ne me revenaient pas et qui ne travaillaient pas comme moi, qui n’avaient pas le même sens « commun », voire pas la même logique, n’obtenaient de ma part que mépris et attitude hautaine. Certes, parmi ces personnes, il y’en avait des incompétents, des vrais, mais en prenant du recul je me rends compte que ces derniers ne faisaient jamais long feu.

Parmi les autres y’avait les caractères différents, les méthodologies contradictoires, des capacités de compréhension diverses et variées, les cerveaux rapides, les cerveaux lents. Y’avait les gens avec mémoire visuelle et ceux qui retenaient plus facilement les informations techniques. Ceux qui réfléchissaient en avant, les autres qui cherchaient le détail. Il y avait foule, même pléthore de capacités et de sensibilités divergentes.

Normal, allez vous me dire, c'est la nature humaine qui est comme ça. En effet. Cependant, ce qui semble être d’une logique implacable et qui fait la beauté de notre société devient, par trop souvent, un obstacle difficilement franchissable dans le cadre professionnel.

Vis ma vie de patronne ... ou le dilemme du recrutement.

Mésententes, Mécompréhensions et autres disfonctionnements de la communication sont des problématiques auxquelles nous sommes tous confrontés dans notre travail. Et c’est au moment où il est impossible de communiquer sur la même base, au même niveau, que les tensions et les conflits naissent. Souvent, dans le passé, je mettais ces tensions sur le choix fait par mes supérieurs d’engager une personne qui « ne comprenait rien » ou ne « voulait tout simplement pas comprendre ». Et ce, jusqu’au jour, où ce supérieur ce fut moi. Et où j’ai réalisé à quel point le recrutement de l’employé idéal était une tâche ardue. Comme je disais à une de ces fidèles lectrices, amie depuis sur Facebook (avec mon vrai moi), une erreur de casting est si vite arrivée et est plus facilement faite que je ne le pensais.


Depuis que j’ai revêtu la veste de patron(ne) je dirais que des erreurs manifestes de casting j’en ai fait trois. La première, c’était lorsque je cherchais un account-manager pour devenir l’intermédiaire principal d’un de nos gros clients. L’anglais était indispensable, l’indépendance un grand plus. Une certaine confiance en soi de rigueur. J’avais fait une première sélection de 5 dossiers. Et le choix final nous l’avons entrepris avec mon client. Il s’est porté sur une personne très sûre d’elle, voire avec le recul, trop sure d’elle. Tellement sûre qu’elle se vendait comme la responsable de l’entreprise auprès des employés de mon client, comme directrice suisse du client auprès des tiers et qu’elle avait réussi à retourner le cerveau de mon assistante pour que cette dernière ne sache plus réellement si elle était mon assistante ou la sienne. De plus, elle se permettait de critiquer la majorité de mes choix. Cette situation m'aura appris qu’une personne qui réussit à « bien se vendre » n’est pas forcément la bonne personne pour le poste proposé.

Vis ma vie de patronne ... ou le dilemme du recrutement.

Les deux autres cas ce sont avérés respectivement « glandeurs » et « instables » et ont failli, à chaque fois, provoquer des tensions irréversibles dans notre bureau. Non pas consciemment mais bien par le fait que l’ensemble du personnel « n’en pouvait plus » de travailler avec eux. Et pourtant, je suis persuadée que ces personnes avaient des qualités, sinon je ne les aurais pas choisies. Un bon cv, de bonnes références, un profil intéressant, une bonne capacité de « se présenter ». Un ensemble de choses qui faisaient que, sur le papier, ces personnes avaient tout pour plaire. Cependant, au moment du recrutement, il était impossible de savoir si elles étaient compatibles avec notre personnel.

Si je devais comparer, je le ferais avec un sportif d’élite qui fait des prouesse dans un club de sport et qui, soudainement, est prêté, échangé et/ou vendu à un autre club. Ce joueur disparait des radars en 1 mois. Est-ce la faute du joueur ? Ou pourrais-t-on imaginer que le nouveau club ne propose pas le même terreau lui permettant d’évoluer ? Pas les mêmes équipiers, pas le même système de coaching, pas la même vision. Est-ce la faute du club ? Pas forcément. Chaque manager à une vision, sa vision ? Elles ne sont pas forcément fausses.

Eh oui, le choix de personnel, les Ressources humaines, trouver le juste milieu, le bon mélange dans ses employés est dur, très dur. Parfois il faut faire comprendre à son équipe qu’il faut serrer les dents, accepter ce caractère différent. Une personne trop cash qui peut parfois être blessante, une autre qui a besoin de temps pour étudier et comprendre un dossier. Parfois il faut accepter le fait que, en tant que patron, nous avons fait une erreur de « casting ». Et je peux vous dire que si faire un choix s’avère être quelque chose de difficile, le reconnaître est encore plus complexe. Car fondamentalement, si ce choix avait a été fait, il y avait des raisons objectives.

Raisons, que les employés ne comprennent pas forcément, auxquels ils n’adhérent pas forcément non plus. Souvent je demande aux gens de prendre le recul, de peser le pour et le contre et de reconnaître que les personnes avec lesquelles ils travaillent ont des qualités et peuvent « apporter » quelque chose. Je leur demande de « communiquer ». Souvent ça marche, mais parfois cela bloque complétement et je commence à ressentir une certaine pression de la part du bureau. On remet en cause mes choix. Et je peux vous avouer qu’il n’y a pas pire sentiment que celui de se faire remettre en cause par ses propres employés.


Il arrive en effet, voire même très souvent, que l’employé soit un tyran comme un autre. Mais je reconnais aussi, que je ne m’en suis rendue compte de cet état de fait qu'au moment où j’ai changé de fauteuil.

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Allez ... au pire si vous n'êtes pas d'accord... vous n'avez qu'à secouer tout cela. Comme le dit Taylor Swift.

Tag(s) : #Mots (maux) de patronne, #Ma vie... tout simplement.

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