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Le jour ou j’ai failli être Expat...

En regardant dans mes ami(e)s facebook et dans mon entourage je me rends compte que je suis entourée d’expats. De ces gens qui ont quittés leur pays natal pour tenter l’aventure dans d’autres pays, vers d’autres horizons. Comme cette fille canadienne, compagnonne d’apéros depuis plus d’une année, qui a quitté Toronto pour travailler aux Bermudes, en Suisse et qui se trouve être en train de négocier pour un poste dans les pays de l’Est. Comme cette fille qui a tout quitté par amour pour aller s’installer en Afrique avec son cher et tendre. La copine d’école qui a décidé qu’elle serait plus utile à mettre ses connaissances en droit au service d’une œuvre de charité active en Amérique du Sud.

Souvent je regarde leurs vies et je les envie, j’envie leur courage, leur détermination et leur décision de tout quitter. Souvent je me demande pourquoi je ne l’ai jamais fait. Moi qui aime tellement voyager, découvrir le monde et m’immerger dans d’autres cultures.

Le jour ou j’ai failli être Expat...

Pourquoi je n’ai jamais été expat moi ? Au fait, je me rends compte que je suis fondamentalement une bête de confort. Enfin je le suis devenue, avec le temps. J’aime ma ville, j’aime mes amis, être proche de mes parents, avoir mes repères, voir mes chats m’accueillir en rentrant. J’aime habiter à 300 mètres de mon travail (eh oui seulement trois cents mètres … et je vous interdis de me traiter de feignasse).

Enfin j’aime rentrer chez moi après un séjour à l’étranger, être dans un lieu connu, dans mon petit confort, mes pénates.

Mais je vous rassure, je n’ai pas toujours été comme ça, au contraire. Il y a quelques années j’ai même failli être Expat. Mais c’était il y a bien longtemps. Cependant je me surprends régulièrement à réfléchir à ce qu’aurait été ma vie si j’avais choisi de rester en Russie après mon stage d’une année là-bas. En effet, on me proposait un poste à temps plein et longue fut mon hésitation. Et ma situation sentimentale, qui oscillait entre deux amours m’aurait permis de prendre cette décision aussi. Et pourtant…

Le jour ou j’ai failli être Expat...

Alors à défaut de l’avoir vécu réellement, je laisse parler mon imagination… et je me dis que si j’avais choisi d’être Expat…

  • J’habiterais actuellement Moscou (ou St Petersburg) dans une veille bâtisse au centre de la ville. A deux pas du Kremlin.
  • Je prendrais le Métro tous les jours pour aller au travail, 1heure de trajet au moins. Ou j’aurais une voiture, que je parquerais tous les jours à l’arrache dans la rue le soir et reprendrais le matin pour m’enfiler dans les bouchons sans fins de cette mégapole.
  • Je serais mariée à un ténébreux russe, passionné. On aurait des enfants, il serait là pour moi quand nécessaire mais irait trouver refuge dans les bras d’un mannequin blond trois fois par semaine.
  • Je serais toujours totalement amoureuse de cet homme rencontré lors de mon premier voyage qui n’aura jamais trouvé le courage ou l’envie de me déclarer sa flamme. Nos rencontres seraient toujours aussi tendues qu’au premier jour. Ou je serais mariée avec lui, et il me tromperait trois fois par semaine avec une jeune poupée.
  • Je rentrerais deux fois par année pour voir ma famille, mes amis. Je prendrais une bouffée d’air frais et me rendrais compte à quel point tout ça me manque.
  • Je ne me sentirais plus à ma place dans la ville qui m’a vue grandir, loin de tout et je ne serais jamais réellement à ma place dans ce pays d’adoption. Plus vraiment suisse, jamais totalement russe.
  • J’aurais vécu la crise, la reconstruction de la Russie, l’avènement de Poutine, les problèmes politiques et économiques du pays, l’instabilité constante et l’insécurité de l’emploi.
Le jour ou j’ai failli être Expat...

C’est un portrait relativement noir que je brosse là je sais et vous me direz surement que je ne sais pas comment cela se serait réellement passé. Peut être très bien en fait. Je sais, mais finalement je préfère cela à un portrait féerique. Comme cela, aucun regret ni remords.

Car la décision fut longue a prendre, des semaines de réflexion sur ce que j’allais faire, un poste intéressant, une demande en mariage, un autre sentiment amoureux caché, cette envie d’être là-bas, dans ce pays ou tout était neuf et qui faisait parti de moi tout de même, car était le pays de mes ancêtres. Cette envie d’être près d’eux, les deux hommes qui faisaient battre mon cœur, qui me déchiraient et en même temps provoquaient en moi le doux sentiment d’être aimée et désirée… une vraie tragédie russe, comme Nikita Mikhalkov le décrit si bien dans ses films.

Je me voyais déjà vivre une histoire passionnante dans une ville passionnante, et là. Patatras… mon père a fait une attaque et je n’ai pas hésité un instant, j’ai repris l’avion pour rentrer chez moi. Eh oui, en foulant à nouveau le territoire suisse tout est devenu limpide… C’était là que je devais être et pas ailleurs. Et je ne regrette rien, rien du tout. Car la Russie est toujours là, j’y retourne deux à trois fois par an, pour le travail… à chaque fois je revois l’un des deux grands amours de ma vie, nous parlons des heures et pourtant rien ne se passe. Je le quittes et le quitterais toujours avec cette sensation d’inachevé. Mais rien au monde ne me ferait quitter le pays que j’ai choisi et dont je suis fière…

Et je retiendrais seulement que le jour où j’ai failli être Expat est devenue celui où j’ai vraiment commencé à aimer la Suisse.

Allez malgré tout je vous passe un peu de musique russe, car la Russie a des choses magiques aussi, et leur qualité artistique en fait clairement parti.

Et vous, envie de vous expatrier aussi ?

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Tag(s) : #Ma vie... tout simplement., #Voyages

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